Un regard réaliste
Malgré ses faux airs de Kevin Spacey, nous sommes bien loin des chimères hollywoodiennes, au contraire,
Jean-Claude Delalande nous précipite dans un univers qui se veut terre à terre.
A travers ses personnages figés dans des moments de la vie moderne, il nous renvoie à notre quotidien, notre solitude, notre conditionnement et nos angoisses. Il a choisi de le faire avec dérision et sarcasme, avec un brin de poésie et beaucoup d'humour. Ses modèles se prêtent au jeu à merveille, même ce petit garçon (son fils et son modèle) nous laisse bouche bée en nous jetant au visage le reflet de notre propre image.
Le travail de Jean-Claude Delalande est une oeuvre remarquable dont on ne se lasse pas parce qu'elle nous ressemble...Absolument renversant! Cendrine Galipot
"Depuis douze ans, il consacre ses loisirs à son imagerie du couple moderne avec l'ardeur des auteurs qui se respectent et produisent sans trop se préoccuper de publication. Ainsi naissent les oeuvres fortes, promises à une reconnaissance qui arrive tôt ou tard, de droit. On dit souvent d'un bon livre qu'il permet au lecteur de se représenter la scène, de se l'imaginer à la lettre. Le compliment se retourne vers les photographies de Delalande: à qui les voit de se faire son roman, un roman d'humour où se faufilent l'ennui, la rupture et parfois comme un projet de fuite, voire de meurtre, tant la duplicité de l'homme avec la caméra de l'artiste est forte." Hervé Le Goff - extrait de l'article Scènes de la vie moderne - Images magazine (Novembre 2005)
Deux questions à Jean-Claude Delalande
.
Comment vous définissez vous en tant que personne ?
Je suis une personne assez nostalgique, mélancolique qui à une véritable angoisse du temps qui passe, c'est à mon avis pour cela que j'ai choisi comme moyen d'expression la photographie. La photographie qui est à mon sens le médium le plus juste pour donner à voir ce qui n'est déjà plus.
.
Comment définissez vous votre oeuvre?
Mon travail est une succession de moment de ma vie quotidienne, une trace de mon passé que j'aimerai faire partager aux plus grands nombres et surtout à ma descendance. Un témoignage, un reportage de fiction sur le long terme. Une sorte d'album de famille qu'on aime à feuilleter les dimanches après midi.
Quotidien par Jean-Claude Delalande
Il se peut que ces images soient le reflet d’un état qui n’est pas le mien, mais celui d’un déprimé chronique auquel on aurait confié un appareil photo.
Grand fou, qui amusé par le bruit du retardateur, s’immergerait totalement dans le délire d’un narcissisme joyeux conviant ses partenaires dans des mises en scène improbables.
Depuis plus de dix ans, je suis ce personnage Keatonien qui me rappelle sans relâche que le temps passe et que je demeure, du moins sur le papier.
Il se peut aussi que tout cela ne soit pas et que je me débatte (tout) contre lui afin de trouver refuge dans un univers onirique qui me semblerait plus acceptable que la réalité embarquant dans ce jeu de miroir, compagne, enfant, amis et famille.
Je fais alors appel à tout candidat qui voudrait bien me suivre pour partager un petit moment de solitude…
Pourtant la conception de ces images se déroule principalement pendant la période bénie des vacances. Villégiatures longuement préparées en amont, où chaque détail de cette expédition est calculé afin de réussir les clichés nécessaires à la survie de la série (saison 1, 2, 3, 4, 5………).
Le bonheur ne tient-il pas souvent qu’à un déclic ? Alors pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à épuisement des relents d’inspiration qui me taquinent encore l’esprit. Voir alors ce personnage évoluer au fil de ses péripéties, inlassable mais fatigué de découvrir à chaque cliché l’usure du temps sur son visage.
Ou bien stopper là, lâchement, ce jeu de rôle, se dégonfler et passer à autre chose. Pourquoi pas ?
Jean-Claude Delalande. |



 |